15 Octobre 2010

PARIS —

Michael Jackson dansait le Moonwalk sur le Requiem de Mozart, pendant que l’appareil photo d’Arno Bani immortalisait chaque pose iconique. Parfois pensif, ou souriant sereinement, Le Roi de la Pop s’ouvrait au jeune photographe français. Le chanteur avait même permis à Bani de lui faire couper les cheveux.

« Je le trouvais bien avec les cheveux courts. Après, il les a laissés pousser. Il n’aimait pas du tout son visage et les cheveux longs lui permettaient de se cacher » a déclaré Bani.

Onze ans après cette séance parisienne intime, l’une des seules collaborations artistiques que Michael Jackson ait lui-même souhaitée, quatre scénarii d’images seront mis aux enchères par Pierre Bergé et Associés, à l’Hôtel Salomon de Rothschild, le 13 décembre.

« Il faut imaginer deux enfants qui jouent sur une moquette, à faire des puzzles. A 23 ans, j’étais encore gamin, mais il était dix fois plus gamin que moi. J’amenais des pots de paillettes, et il y trempait son doigt pour voir comment ça brillait. Nous en avons jetées partout. Les dossiers de mode étaient comme des catalogues de jouets pour lui, » a raconté Arno Bani, accueillant ARTINFO dans son appartement du 17ème arrondissement, pour évoquer ces images, dévoilées ensemble aujourd’hui pour la première fois au monde.

« Il ne me demandait pas que des photos, mais de penser son look pour les dix années à venir » , a ajouté le photographe.

Arno Bani et Michael Jackson étaient toujours entourés d’un bataillon de directeurs artistiques qui griffonnaient dans leurs cahiers, afin de définir si la star préférait les paillettes bleues au rouges. « C’était le monde dans lequel il vivait, » se souvient le photographe. Une petite prison dorée, avec des choses qu’il ne connaissait pas. Il était hyper-curieux, cultivé et en même temps humble, doux, respectueux, gentil. Il applaudissait et sautait sur son canapé lorsqu’il tombait amoureux d’une petite chose. Il me serrait dans un ‘hug’ américain, il s’inclinait avec les paumes ensembles, en style Japonais, pour me remercier. J’étais super ému. »

L’histoire avait commencé par un coup de foudre doublé d’un coup de chance. Michael Jackson était tombé sur une photo de mode d’Arno Bani, qui faisait alors la couverture du supplément style du Sunday Times. Le chanteur avait immédiatement déclaré vouloir travailler avec ce jeune photographe. Bani avait cru qu’on lui faisait une blague, avant que son ami avocat lui ait confirmé que le Roi de la Pop le demandait bel et bien en audience. Bani finit par faire six aller-retours à New York pour préparer la séance photo de trois jours.

La photo intitulée La Cape D’or était censée figurer sur la pochette du dernier disque studio de Michael Jackson, Invincible, et son rejet par la maison de disques du chanteur avait beaucoup déçu Arno Bani.

La vente aux enchères de Pierre Bergé & Associés est exceptionnelle. En vedette, on peut y découvrir quatre grands tirages uniques, chacun construit selon un scénario d’Arno Bani et de Michael Jackson. Suivent 31 planches contact de la séance, montrant un Michael Jackson brut et non retouché. Certaines planches comportent des notes écrites de la main du chanteur. Se joignent aux lots 55 tirages 6×7 obtenus à partir des planches contact. Tous seront vendus sans réserve ou estimation, mis à un prix de départ de 1000 euros pour les tirages 210 x 166,7 et 500 euros pour les œuvres plus petites. Répondant à ARTINFO dans son bureau de la rue Drouot, Frédéric Chambre, de Pierre Bergé et Associés, a déclaré qu’il n’y aurait ni tirages en série, ni posters ou t-shirts.

Un coffret collector limité à 2009 exemplaires offrira cependant, pour 1000 euros, un catalogue grand format bilingue, ainsi que quatre tirages argentiques, signés et datés par Arno Bani. Un deuxième catalogue, à 45 euros, sortira en librairie. Dans une rare démarche d’incursion pour une maison de ventes, un troisième ouvrage sera diffusé dans les hypermarchés et supermarchés pour 19,90 euros. Une foule de coéditeurs ont répondu à l’appel, pour distribuer des traductions du catalogue en cinq langues à travers le monde. »

« Ils ont signé en un temps record. Le sujet Michael Jackson et la qualité des photos s’y prêtent bien », a déclaré Frédéric Chambre.

«C’est un projet un peu plus rock’n’roll, ou pop, que ceux dont Pierre Bergé et Associés ont l’habitude. On voulait quelque chose qui était pointu et arty, mais en même temps fait pour un grand public », a déclaré Arno Bani.

Le photographe était tenu par un contrat avec Sony Music de ne pas vendre ou exposer les photos de Michael Jackson pendant 10 ans, et elles sont restées tout ce temps dans un coffre du sud de la France. L’embargo a expiré quelques semaines après la mort de Michael Jackson, le 25 juin 2009, mais Arno Bani a décidé de prendre son temps. « Nous ne voulions pas être noyés dans tout ce qui sortait et surfer sur le coté un peu morbide » a déclaré le photographe.

Arno Bani et Michael Jackson avait expérimenté une communion intime mais simple, et le photographe a eu carte blanche comme jamais avant, ni depuis. Arno Bani avait alors fait équipe avec le coiffeur des stars Seb Bascle, le maquilleur avant-gardiste Topolino, et les branchés de la mode Frédérique Lorca et Maïda. C’était un été chaud à Paris et tous étaient en bermuda.

Topolino aimait travailler en musique et avait placé dans la loge de maquillage une petite radio à 5 euros avec « un son pourri », se souvient Arno Bani. « Il écoutait Nostalgie, ou MFM, et Michael Jackson lui demandait ce qu’était cette vielle musique française. C’était Aux Champs Elysées, ou du Georges Brassens. »

Le maquilleur avait presque déclenché un « incident diplomatique » en soufflant des paillettes dans le visage de Michael Jackson pour préparer l’image de L’œil bleu. Les maquilleurs habituels du chanteur étaient choqués. « On ne souffle pas dans le visage de Michael Jackson » protestaient-ils.

Topolino s’était aussi faufilé dans la douche privée spécialement conçue pour la vedette, toujours soigneusement nettoyée, et garnie de serviettes parfaitement propres sous emballage plastique. Mais Michael Jackson, longuement suivi par des rumeurs d’hypocondrie et de tente à oxygène, « n’en avait rien à foutre », a déclaré Arno Bani. Il n’ avait aucune demande excentrique, « pas de ‘j’ai chaud, j’ai froid, je veux manger ceci ou cela’. »

Au contraire, le chanteur se mettait dans un état de zen méditatif pendant les longues heures de maquillage, nécessaires à la reconstruction de base, puis au travail créatif. « Il avait cette faculté de s’éteindre et de se rallumer en deux secondes, se souvient Arno Bani. Je lui avais demandé de danser pour certaines photos et j’étais étonné. Je me disais qu’il s’était endormi et que je ne pouvais pas lui demander de danser et puis paf ! , il est parti. »

Le rapport entre Arno Bani et la maison de disques de Michael Jackson était plus tendu. « Michael Jackson avait fait une caprice en disant qu’il voulait ce jeune photographe venu de nulle part, ce photographe de mode à Paris. Ils n’étaient pas confiants, par rapport à mon talent, mais aussi par rapport à la production, qui coûtait beaucoup d’argent. »

Et d’ajouter: « Je ne me suis fixé aucune limite, même si l’intérieur d’un pantalon coûtait 10,000 euros. A un moment, Sony m’a dit qu’ils n’avaient jamais dépensé autant pour un costume. Ils ont même fait désarchiver des vêtements que Michael Jackson portait sur scène pour montrer ce qu’ils avaient l’habitude de faire pour lui. Ils m’ont sorti une veste immonde avec des ronds comme des petits miroirs, qui tenaient avec de la colle. C’était le genre de costume de scène qui fonctionne seulement à 100 mètres, quand il y a trois tonnes de lumières dessus. »

Pour la photo de L’œuil bleu, Michael Jackson portait une veste brodée Yves Saint Laurent, ce qui représente aujourd’hui un lien avec Pierre Bergé, partenaire du grand couturier, et gardien de sa mémoire. « Il voulait rêver, il voulait que je lui amène l’élégance à la française, la French Touch. Quand je lui ai amené des broderies de François Lesage, il voulait absolument les toucher. Il n’avait jamais vu un travail aussi fin, fait à la main, » se rappelle Arno Bani.

Le projet a tout de même comporté quelques anicroches. Ainsi, Arno Bani a passé deux semaines sans avoir de nouvelles de Michael Jackson, se demandant s’il était toujours engagé. La chanteur pouvait avoir un retard de trois ou quatre heures, parce qu’il devait faire 15 fois le tour du pâté de maisons, afin d’éviter les hordes de fans. Le lieu de tournage est passé de Paris à New York, puis en Allemagne et à Disneyland Paris, avant de retourner à la capitale. A la fin, Michael Jackson avait manqué le premier jour de séance.

Les photos de Michael Jackson par Arno Bani seront présentées pendant deux jours de visites publiques avant la vente de décembre. « Je ne maîtrise pas encore les problèmes éventuellement liés à une affluence qui peut grandir » a déclaré Frédéric Chambre. Bien entendu, nous serions contents s’il y avaient 2000 personnes attendant dans la rue. Michael Jackson est un sujet populaire, et les ventes aux enchères ne sont pas, à mon goût, suffisamment démocratisées. Il fallait offrir la possibilité aux gens d’avoir accès à cette vente, à ce souvenir. »

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París, Francia (16 octubre 2010).- En 4 murales, una serie de 55 fotografías pequeñas muestran a Michael Jackson con el cabello corto, con un vestuario sofisticado y elegante, que le dan un aire de cierta madurez y serenidad.

Las imágenes, que ayer fueron presentadas a la prensa internacional, son obra del fotógrafo francés Arno Bani, quien hace 11 años cautivó al extinto Rey del Pop con su trabajo en la portada del suplemento Style del diario británico Sunday Times y lo contrató para realizar la portada de su álbum Invincible.

“Por razones que desconozco, finalmente los productores del disco optaron por otras imágenes para la portada”, explicó Bani a MURAL.

Durante todo este tiempo, las fotografías durmieron en la caja fuerte de un banco, casi olvidadas.

“Después de su muerte, consideré que no podían seguir guardadas. Sé que a él le gustaron mucho y quería que los fans las conocieran y tuvieran en memoria también a este Michael Jackson”.

Bani, quien al momento de realizar las fotos, en 1999, tenía 23 años, recordó con emoción aquella época.

“Michael deseaba que le propusiera un nuevo look para los 10 años siguientes, y me dio toda libertad para hacerlo. No lo podía creer. Trabajé durante semanas y le sometí a cuatro escenarios distintos con maquetas y fotografías”, contó Bani.

“Quería algo nuevo, así que empecé por pedirle que se cortara el cabello, lo que sorprendió a sus allegados, que trataron de disuadirlo. Pero él aceptó”.

El “shooting” duró 3 días de julio de 1999. Se llevó a cabo con todo secreto en una bodega ubicada en la periferia sur de París, donde había espacio para un helipuerto provisional para evacuar al artista en caso de problemas.

De las cuatros imágenes propuestas, en una aparecía envuelto en una capa dorada, con un maquillaje cuidado que resaltaba como nunca su lado andrógino.

Otra lo muestra minimalista, vestido totalmente de negro. En una tercera, con un fondo negro y lentejuelas multicolores, sólo se observan los ojos y el famoso guante plateado del artista.

Pero la imagen preferida, tanto de Jackson como del fotógrafo, es la que se titula “L’oeil bleu” (El Ojo Azul).

“Me gusta, es como Michael Jackson ante la eternidad”, dijo Bani.

Los cuatro murales se subastarán el 13 de diciembre en París con un precio inicial de mil euros. El resto de las fotografías y hojas de contacto iniciarán en 500 euros.
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